L'Embarras du choix

 

- Pardon. Je ne voulais pas...

- Tu as joué la montre. Au lieu d'être franc jeu.

- Mais...

- Tu aurais pu me prévenir dès que tu as su que tu ne pourrais pas.

- J'ai hésité... Je ne savais pas... Je... Et puis, j'avais espoir jusqu'à la dernière minute que ça passerait... Je craignais que tu me reproches d'être pessimiste, de ne pas persévérer jusqu'au bout. De jeter l'éponge trop vite. Avoue un peu quand même !

- Certes, c'est une possibilité.
Ou bien, on aurait pu trouver une solution ensemble.
Mais là, tu as laissé le temps parler à ta place.

- Je... S'il te plaît... Je ne l'ai vraiment pas fait exprès...

- Encore heureux !

- Il n'y a pas eu d'intention de nuire. Promis ! Je... en droit français, ça compte beaucoup...

- Imagine, tu es en voiture. Tu renverses un piéton. Il se casse la jambe. C'est ta responsabilité ? Tu n'as pas voulu causer un dommage, mais il a quand même un plâtre.
Tu peux causer du tort, sans le vouloir. Ça n'empêche pas des séquelles. La prochaine fois, tu m'introduiras dans ta boucle de réflexion. On raisonne en équipe.
Et ne me dis que parce qu'on n'est pas un couple, ce n'est pas pareil. Je n'ai pas la patience aujourd'hui pour ça.

Je frissonnais. Je le croyais sur parole.

- Je trouve ça quand même injuste... Je voulais que ce soit léger entre nous, bien...

- Il m'importe que tu tiennes tes engagements.
Je tiens les miens, on est d'accord ?

- Euh oui. Merci, d'ailleurs de m'offrir cette sécurité.

- Avec plaisir. Alors tu peux également m'offrir cette sécurité, s'il te plaît ?

- ... Je n'avais pas vu les choses ainsi. Je te demande pardon... Sincèrement.

- Tu seras pardonnée. Ce soir. Promis. On en parlera. Pour l'heure, j'ai besoin d'un peu de temps. Un mot est un mot. Si ta parole n'a plus de poids, comment on peut communiquer ensemble ?
Et même si tu le penses très fort, je ne suis pas un crétin psychorigide.

- J'ai jamais dit ça !

- Hmm... Ton visage parle pour toi.

- Si tu lis sur ma bouille, maintenant...

- L'as-tu déjà pensé ?

- Euh...

- Honnêtement ?

- Euh...

- Bien. Je n'étais pas à côté de la plaque. Donc non, on peut toujours s'arranger, assouplir. Je peux comprendre que tu aies un empêchement. Mais uniquement si tu prends le temps, la peine de m'avertir. Sinon, tu fais un choix. Et ça, ça a toujours des conséquences, ma jolie.
Quand tu rends un travail à un prof, à ton patron en retard, c'est un manque de respect. Alors pourquoi me traites-tu encore moins bien qu'eux ?
On se verra bientôt, là j'ai besoin de digérer. Ce sont les enfants, et les irresponsables, qui laissent les contextes se transformer en prétextes. Tu n'appartiens à aucune de ces catégories, alors assume un peu.
Maintenant, puisque tu étais en retard, je le suis aussi ; j'ai du travail. A bientôt.







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